L’allergie est un dérèglement du système immunitaire qui correspond à une perte de tolérance vis-à-vis d’agents a priori inoffensifs pour l’Homme (pollens, acariens, animaux, aliments, venins d’abeille ou de guêpe).
Mais pourquoi le système immunitaire se dérègle-t-il ? Il n’y a probablement pas une seule réponse à cette question. Il s’agit d’un phénomène lié à plusieurs facteurs.
La génétique
L’allergie a une composante héréditaire. En cas de terrain allergique chez les deux parents, un enfant a 70 à 80 % de risque de l’être également. En cas d’allergie chez un seul parent, un enfant a 50% de risque d’en hériter. Un enfant a environ 20 % de risque de développer une allergie en l’absence de terrain familial.
Liée parfois à des prédispositions familiales, la fragilité des barrières épithéliales, notamment au niveau de la peau et des voies respiratoires, participent au développement du terrain atopique. Par exemple, la mutation du gène de la filaggrine, protéine clé de la barrière épidermique, observée chez certains individus atteints de dermatite atopique, est responsable d'une hypersensibilisation de la peau. La peau devient alors très sensible à un grand nombre de substances, allergènes ou irritantes.
La théorie hygiéniste
La réaction immunitaire est destinée à identifier puis détruire des microbes. Dans un environnement de plus en plus dépourvu de microbes, l’hypothèse hygiéniste soutient que le système immunitaire perd sa capacité à reconnaître correctement les pathogènes et prend alors pour cible des agents jusqu’alors bien tolérés et inoffensifs.
La pollution environnementale
Certains polluants chimiques de l’air peuvent modifier la réaction allergique en agissant soit sur les grains de pollen, soit directement sur les malades. Ainsi, les symptômes de l’allergie peuvent être plus importants en cas d’épisode de pollution.
Les produits chimiques peuvent altérer les barrières cutanés, respiratoires et digestives et ainsi contribuer au développement de sensibilisations allergéniques.
Le réchauffement climatique
Le changement climatique a un impact sur les allergies. Par exemple, il a un effet sur les allergies aux pollens : précocité de la date de début de pollinisation, augmentation de la quantité de pollens produite, augmentation des protéines allergisantes produites par certains pollens, prolifération de certaines espèces de pollens du sud vers le nord.
L’alimentation
L’alimentation semble jouer un rôle dans le développement des allergies, notamment alimentaires. Plusieurs études soutiennent que plus un potentiel allergène alimentaire (lait de vache, œuf, blé, arachide, fruits à coque,...) est consommé tôt (avant 6 mois) par un nourrisson, plus le risque d’être allergique alimentaire diminue.
Il est désormais recommandé de manger diversifié dès l’âge de 4 mois de vie (textures à adapter), d’éviter dans la mesure du possible les aliments transformés et/ou traités avec des pesticides.